Se préparer au rythme de la prépa

Votre enfant a indiqué parmi ses premiers choix sur Parcoursup une classe prépa ? Quelle que soit la spécialité : prépa scientifique, commerciale, littéraire ou artistique, pour réussir, il est important qu’il se prépare bien, sans pour autant se mettre une pression démesurée. Voici sept règles d’or qui pourront lui être utiles.

 1 – Arriver dans de bonnes conditions

Le rythme de travail va être soutenu, aussi est-il est important que votre enfant ait de bonnes raisons d’y consacrer toute son énergie. Une orientation en clase prépa ne doit pas être un choix fait uniquement pour faire plaisir à ses parents ou par défaut, simplement parce qu’il est très bon élève. Il faut qu’il soit réellement motivé par les métiers et  la formation à laquelle mène cette classe prépa.

Dès le début de la première année, tout va se mettre en place très vite, y compris les DS (devoirs surveillés). Avoir un job d’été durant toutes les grandes vacances est plutôt déconseillé avant d’aborder une prépa. Pour bien démarrer, il est important qu’il arrive bien reposé,  mais en ayant tout de même amorcé l’année, particulièrement les deux semaines précédant la rentrée. Il ne faut pas qu’il passe ses journées à anticiper le programme de prépa, mais pour les scientifiques, le programme de terminale doit être parfaitement maîtrisé sans aucune zone d’ombre. Dans les autres filières, il est vivement conseillé lire les ouvrages indiqués par les professeurs. Et pour tous, se divertir en regardant des films en v.o peut être une bonne solution pour pratiquer l’anglais de façon ludique.

2 – S’organiser un cadre de vie favorable

Si votre enfant s’éloigne un peu du domicile familial, vous allez  être amené à lui choisir un logement étudiant. C’est un coût supplémentaire pour une famille, mais pour sa réussite, il est important qu’il ne perde pas trop de temps dans les transports. Il pourra percevoir les aides au logement de la CAF (APL ou ALS). Les colocations avec des étudiants suivant un cursus moins exigeant sont déconseillées. Privilégiez les solutions offrant un cadre de vie propice au travail. C’est le cas par exemple des foyers proches des lycées. Il y retrouvera certainement d’autres élèves de classe prépa. Souvent, des groupes de travail se mettent en place, et il peut bénéficier d’un certain soutien. Parfois, les repas sont proposés le soir. Cela lui permettra de se décharger de ces préoccupations d’intendance.

3 – Apprendre à se connaître et optimiser l’efficacité de son travail

Le rythme va être de sept à huit heures de cours par jour, auxquelles s’ajouteront un DS (devoir surveillé) par semaine et le travail personnel. Ténacité et méthodologie vont être les clés de la réussite. En préparant le Bac, votre enfant s’est sans doute rendu compte des moments de la journée  où il était le plus concentré et le plus efficace. Il a du  découvrir aussi, s’il ne le savait pas avant, quel était son type de mémoire. Tous ces éléments seront à prendre en compte pour l’organisation de son travail. Très vite, il devra choisir également les lieux où il  travaille le mieux. Peut-être qu’il passera du temps à la bibliothèque après la fin des cours pour éviter toute sollicitation extérieure et ne pas avoir l’impression de rester enfermé dans sa chambre, ou peut-être qu’il préférera rentrer directement pour avoir un  cadre de travail plus cocooning, et tous ses livres sous la main. Lui seul peut savoir ce qui lui convient le mieux.

4 – Travailler régulièrement

Un élève de prépa travaille en moyenne 60 heures par semaine. La plupart d’entre eux indiquent que c’est un faisant un planning  détaillé, par exemple sur excel, qu’ils sont le plus efficaces. Cela permet de bien doser le temps le travail consacré à chaque matière  en n’en laissant aucune de côté. Il ne faut pas imaginer par exemple que les lettres ou les langues ne sont pas importantes en prépa scientifique. Ce sont parfois elles qui font la différence pour départager des élèves qui sont tous excellents en maths et en physique. Il n’existe pas de planning-type. Votre enfant réservera plus de temps aux points du programme qui lui posent le plus de difficultés, en en gagnant là où il est plus à l’aise et assimile particulièrement vite. En prépa littéraire, une bibliographie particulièrement dense est donnée par les professeurs ; il faudra qu’il repère, peut-être avec l’aide d’un élève de 2ème année,  les ouvrages incontournables. Dans la plupart des matières, faire des fiches synthétiques permet de retenir l’essentiel.

5 – Veiller à son hygiène de vie et garder des temps de loisirs

Si votre enfant intègre que le parcours d’un élève de prépa est comparable à celui d’un sportif qui se prépare au marathon, il comprendra peut-être d’autant mieux qu’il est essentiel de préserver son sommeil et manger de façon équilibrée, en ne sautant jamais le petit déjeuner.

Pour l’équilibre psychologique et pour tenir la distance, il est également important qu’il se ménage des temps de repos et de de loisirs. Le sport est idéal pour évacuer le stress, mais sans contraintes. Pas de compétitions pour se mettre une pression supplémentaire, uniquement une activité choisie pour le plaisir, une à deux heures par semaine. Et s’il n’est pas sportif, ce peut être une séance de cinéma.

6 – Ne pas rester isolé

Cela aussi  est essentiel pour le bien-être psychologique. En 1ère année de prépa, c’est souvent la 1ère fois que l’on quitte le domicile familial. Le téléphone et les réseaux sociaux ne sont pas toujours suffisants pour éviter l’isolement. Si cela n’est pas trop compliqué, peut-être faut-il qu’il rentre régulièrement le week-end. Cela ne doit pas cependant l’empêcher de se créer un petite cercle d’amis dans sa prépa. Même si les élèves sont en concurrence dans le cadre du  concours, il  y a souvent une vraie solidarité qui se met en place entre les élèves qui  se remontent le moral réciproquement quand l’un deux a un coup de blues. Comme on l’a vu, les foyers peuvent être propices à cela. Si votre enfant a continué à vivre au domicile familial, il est important qu’il profite des groupes de travail organisés en dehors des cours dans son établissement, ou qu’il en constitue avec d’autres élèves. Cela ne l’empêchera pas de garder contact avec ses anciens amis, qu’il retrouvera davantage pendant les grandes vacances.

7 – Etre confiant, positif et gérer son stress

En début d’année, ses notes vont forcément chuter par rapport à la classe de terminale. Cela n’est pas fait pour déstabiliser les élèves, mais pour les amener à évoluer. Il est essentiel qu’il apprenne à prendre de la distance par rapport aux remarques négatives des enseignants, en comprenant qu’il n’est pas jugé en tant que personne. Ce sont des conseils donnés pour progresser. En listant ses points forts et ses points faibles concernant l’intégration du programme et son approche du travail à restituer, il prendra conscience des aspects sur lesquels il doit plus particulièrement se concentrer. En comparant ses notes à celles des autres élèves, il observera rapidement qu’aucun bon élève de terminale ne maintient les notes auxquelles il était habitué au lycée.

Et il faut relativiser. Comme l’indique Mickeël PROST, Président de l’UPS (Union des professeurs de classes prépas scientifiques),  « il faut savoir que la sélection se fait en amont. Il y a 17 000 places dans les écoles d’ingénieurs : autant que d’élèves scolarisés en 2ème année de prépa ».