Les vacances de vos enfants Génération Z

<ahref=’http://fr.freepik.com/vecteurs-libre/summer-collection-d-39 icones_1047114.htm’>Designed by Freepik

En 2020, il y aura 300 millions de voyages de jeunes selon les prévisions de l’Organisation Mondiale du Tourisme.

Vos premières vacances en solo, vous vous en souvenez certainement. C’est toujours une aventure très attendue. C’est maintenant le tour de vos enfants, et certains parents sont moins enthousiastes.

Quels sont les comportements des jeunes pour préparer leur voyage ?

Au fil des années, on constate qu’ils sont de moins en moins dans l’anticipation. La Génération Z est celle de l’instantané. Internet leur permet de réserver selon le principe « ATAWAD » : Any Time, Any where, any Device.

Cela ne signifie pas qu’ils vont faire leur réservation sans information, bien au contraire. Ils consultent régulièrement les blogs des globe-trotters qui sont de plus en plus nombreux, et ils regardent les avis des autres utilisateurs sur des sites comme tripadvisor. Bref, ils agissent en consommateurs avisés.

Et cela est vrai aussi pour le prix. Ils comparent de nombreux sites et se tournent souvent vers le low-cost, mais ce n’est pas systématique. Pour l’hébergement, le camping a encore des adeptes, particulièrement en été, mais la location via des sites comme Airbnb ou le couch-surfing les autorise à envisager aussi de dormir sous un toit, même avec un petit budget. L’auberge de jeunesse reste une solution privilégiée par ceux qui ont choisi d’être itinérant. En France, une Fédération les représente : la FUAJ (Fédération Unie des Auberges de Jeunesse). Au niveau international, le site www.hostelword.com permet de réserver dans n’importe quel pays.

Pour se déplacer, les professionnels du tourisme développent de plus en plus d’offres destinées aux jeunes. C’est souvent en anticipant que l’on obtient les meilleurs tarifs à la SNCF (offres  Ouigo) ou pour réserver un vol. Ceux qui ne le font pas, savent en général que les compagnies d’autocar proposent des prix défiant toute concurrence. Et, il reste aussi la solution du covoiturage qui les séduit à la fois pour son prix, sa convivialité et son côté écologique.

Et si les nouvelles technologies contribuaient à sécuriser leurs vacances ?

Il n’est désormais plus nécessaire d’attendre que votre enfant soit dans une cabine téléphonique pour savoir qu’il est bien arrivé et pour avoir un échange. Elles ont d’ailleurs disparu ou sont considérées comme vintage. Privilégiez quand même les textos s’il est parti avec des copains. Vous pourrez en savoir tout autant et c’est plus discret.

Pour les déplacements, le stop n’a pratiquement plus cours en Europe. Les jeunes optent pour le covoiturage, et les plateformes conservent les coordonnées des conducteurs. Cela aussi constitue un progrès, c’est un peu moins l’aventure !

Enfin, concernant son hébergement, vous pouvez avoir beaucoup d’informations sur Internet dès lors qu’il vous indique simplement le nom et la ville.

Alors en dépit du contexte actuel et des messages récurrents concernant l’insécurité livrés par les médias, tous ces éléments devraient vous permettre de passer vous aussi de bonnes vacances,  et un été Zen !

Google et NellyRodi décryptent la Génération Z

La Génération Z gravite autour de 7 valeurs et 5 mots d’ordre, selon une étude réalisée par Google avec  NellyRodi.

. Now : instantanéité et fluidité

. Care : engagés et responsables

. Clan : échange et communauté

. Show : exposition et déconnexion

. Trans : genre et culture

. Niche : alternatifs et singuliers

. Work : entrepreneurs et sérieux

Dans la vie des « digital natives », la culture numérique est l’épicentre de leur quotidien. Elle leur permet d’accéder à l’information partout et à tout moment. D’où le « now ». C’est elle aussi qui les amène à se prendre en photo à chaque instant : on se montre sur les réseaux pour son « clan » ; c’est une culture de la séduction : « show », ce qui a amené certains auteurs à en conclure que c’est une génération narcissique.

Lorsqu’on les interroge sur leur  vision de l’avenir, ils disent ne pas vouloir d’un travail qui leur apporterait seulement un revenu. Ils  veulent qu’il soit en harmonie avec leurs valeurs, qu’il ait du sens, d’où la notion de « care ». Pour  mener à bien leurs projets, ils se disent prêts à vraiment s’investir : « work ».

Comment cela se traduit dans la vie de vos enfants ? Ils gardent bien entendu chacun leur personnalité, il ne s’agit pas de tomber dans le stéréotype. Ne retrouvez-vous pas cependant des éléments qui les caractérisent ?

La Génération Z et sa vision du monde de l’entreprise

Ils ont été nombreux à répondre à cette enquête car l’univers professionnel les intéresse, suscite leur curiosité, même s’ils souhaitent que ce monde  connaisse de grandes mutations, plus encore qu’il n’en a connu ces dernières années.

Les Z et la formation

40 % citent « le bon réseau » comme LA clé de la réussite, et plus ils ont été en contact avec l’entreprise, plus ce chiffre est fort, plus important que le fait d’avoir un bon diplôme, ou un bon CV.

Conscients de l’obsolescence des connaissances, du fait que les métiers de demain n’existent pas aujourd’hui, ils remettent en cause l’importance du diplôme et savent qu’ils devront être dans « l’auto-apprentissage permanent ». 7,5 % seulement citent l’école à la question « quelles seront les sources d’apprentissage dans 10 ans ». Elle n’est pour eux qu’un canal parmi d’autres, ils seront entrepreneurs de leur formation et devront se constituer leur propre bibliothèque de savoirs.

Les Z et l’entreprise

Ils qualifient l’entreprise de « dure », « compliquée », « impitoyable » « une jungle ». Les Z ne se reconnaissent pas dans les modèles d’entreprise existant ; 47 % voudraient créer la leur.

Enfants de la crise, avec un avenir incertain, ils veulent profiter à fond du présent, tant au niveau personnel que professionnel. A salaire égal, 25 % choisiraient l’entreprise la plus « fun », 21 % la plus éthique.

Ils se projettent dans des modèles de vie équilibrée, où l’épanouissement est pluriel. Ils rêvent d’une entreprise plus innovante, plus humaine en interne, mais aussi à l’extérieur, plus flexible pour les salariés, plus égalitaire, avec une hiérarchie aplatie.

Certains dirigeants et DRH ont anticipé l’intégration de cette génération dans l’entreprise, en initiant une réflexion sur les mutations possibles. L’arrivée de ces jeunes ultra connectés, exigeants, et entrepreneurs dans l’âme, risque de leur donner encore quelques soucis.

Les projets innovants des collégiens et lycéens primés par Science Factor

c_schmuck_2013_WF

Claudine SCHMUCK,  Directrice de Science Factor nous présente le dispositif.

Science Factor a pour vocation de réconcilier les adolescents, et tout particulièrement les filles, avec les métiers d’avenir. Depuis 10 ans, on observe une désaffection pour les filières scientifiques et techniques, et la proportion de filles ne progresse pas. L’engouement observé il y a quelques temps pour les métiers du numérique est retombé.

Pour les jeunes de la Génération Z, les milléniums, la notion de sens importe beaucoup, et cela est encore plus marqué chez les jeunes filles. Pour qu’une entreprise soit attractive,  Il ne suffit pas qu’elle propose des salaires importants. Ils cherchent autre chose, des projets en phase avec leurs valeurs, et une atmosphère de travail leur permettant de se sentir bien.

Le Prix Science Factor s’adresse aux jeunes de la sixième à la Terminale. Il n’est pas tourné vers l’excellence scientifique, mais vers l’innovation citoyenne. Il leur propose de construire un projet scientifique ou technique innovant, une invention ayant un impact positif au niveau sociétal, économique, ou environnemental. Cela se fait en équipe  de 4 personnes maximum, pilotée par une fille. Le but est de faire jaillir une petite étincelle en suscitant et accompagnant des projets dont la pertinence et l’utilité seront démontrés.

« Ces jeunes ont une imagination extraordinaire, et nous avons reçu des projets étonnants, qui ont été parfois commercialisés quelques années après » explique C. SCHMUCK. « Cela a été le cas pour une brosse à dents « intelligente » lancée ensuite  par une start-up et présentée cette année au Consumer Electronic Show de Las Vegas. Chez ces jeunes, on n’observe pas de résignation ni de morosité, mais une vraie envie d’agir. Il y a beaucoup de projets autour de l’environnement. Science Factor crée une passerelle entre eux et l’entreprise ».

Les prochaines rencontres Sciences Factor ont lieu le 7 mars 2017. Il est encore possible de s’inscrire jusqu’au 21 février. Renseignez-vous sur www.sciencefactor.fr/rencontres/find.php

 

La Génération Z vue par Elodie GENTINA : le tabagisme des ados

Elodie Gentina, Professeur de Marketing, à SKEMA Business School  a obtenu sa thèse de doctorat et son Habilitation à Diriger des Recherches,  sur la thématique des spécificités de comportements de consommation du sujet Z. Ses travaux  ont fait l’objet de conférences et de publications dans des revues académiques nationales et internationales.

Elodie Gentina
Elodie Gentina

« L’objectif de l’étude, explique  Elodie Gentina, est de comprendre les motivations des adolescents à entrer dans le tabagisme. A partir d’un échantillon de plus de 600 adolescents âgés de 13 à 18 ans, nous avons montré que ce n’est pas tant une question d’influence et de pression au groupe qui est en jeu pour comprendre l’entrée dans le tabagisme, mais plutôt le désir d’acquérir et de défendre une position stratégique au sein du groupe. Ce sont les adolescents les plus populaires, ayant un degré de leadership d’opinion élevé au sein de leur classe, qui s’initient à la cigarette.

Une question essentielle est de savoir quelles stratégies de communication adopter pour lutter contre le tabagisme des adolescents. Faut-il imposer des limites et encourager la prohibition ? Faut-il adopter des stratégies de peur, voire de terreur pour attirer leur attention ? Faut-il protéger les adolescents ou bien faut-il plutôt leur offrir des opportunités de se prendre en main (« empowerment ») et devenir des partenaires, ouverts à la discussion, dans la mise en œuvre de campagne de prévention du tabagisme ?

Des études scientifiques ont montré que la peur utilisée à des fins préventives n’est pas une stratégie efficace pour cibler les adolescents. Ils rejettent également les campagnes de prévention du tabagisme qui les infantilisent, et qui parlent à leurs parents plutôt que de s’adresser directement à eux.

L’efficacité d’une campagne préventive repose sur la capacité à développer le sens critique des adolescents en montrant, notamment, que ces derniers sont sources de manipulations par l’industrie du tabac et que fumer va à l’encontre de leur soif d’autonomie et de maturité pour les lier à une dépendance mortelle. Dans cette perspective, Elodie GENTINA explique  que l’approche de dénormalisation doit permettre aux adolescents de prendre conscience que l’usage de la cigarette n’est pas une forme de rébellion mais plutôt une forme d’abdication face au marketing d’une industrie du tabac manipulatrice.